« Google lance Autodraw, transformez vos gribouillages en dessins de pro ».

Voici ce que j’apprends sur Twitter ce 11 avril 2017. Autodraw est un outil qui identifie le gribouillage de l’utilisateur et, dans sa base de données, suggère des pictogrammes élaborés que l’utilisateur peut utiliser par la suite. L’outil en lui-même ne me fait pas peur en tant que graphiste, mais sa création m’a fait poser une question: est-ce un gadget de plus ou un autre pas vers l’automatisation des arts créatifs?

AUTOMATISER LES DESSINS PEUT-ÊTRE, MAIS LA CRÉATIVITÉ?

À mon avis, cet outil n’arrivera pas à se developper. En tous cas pas à un point où une personne lambda pourra créer des logos professionnels, des campagnes d’affichage, etc., même si les bases de données et autre banques d’images ne cessent de s’étoffer. Un pictogramme passe encore, mais une affiche? Des dépliants? Une composition graphique est à mon sens trop complexe pour être automatisée. Ce qui se fait depuis quelques temps, c’est de personnaliser dès textes sur un choix de visuels, Vistaprint est l’exemple le plus connu.

Vistaprint permet de personnaliser ses cartes de visite et autres supports visuels. Cependant l’offre reste limitée à quelques dizaines de propositions visuelles, et il ne me semble pas voir au quotidien énormément de visuels passant par un site de personnalisation du même type. Les clients modestes préfèrent directement faire selon leurs limites créatifs sur des logiciels de traitement de texte (je ne les blâme pas, chacun communique selon ses moyens) ou passer par des professionnels, l’entre-deux semble être une option trop peu sélectionnée.

L’IDÉE, UN FACTEUR HUMAIN

De plus, l’idée est une chose qui (j’espère) est impossible à automatiser.

Communiquer efficacement nécessite une connaissance des codes de la société, des codes psychologiques du public… Comment automatiser l’humour ou l’audace, choses nécessaires dans la communication? Comment doser ceux-ci selon le sérieux du client ou celui de son public? Les réponses ne vont sûrement pas se trouver dans un avenir proche. Mais nous en sommes qu’au début de l’intelligence artificielle, dans un avenir lointain peut-être…

Le dictionnaire de mon smartphone ne me permet pas d’écrire un chef d’œuvre littéraire. Et Autodraw ou les sites comme Vistaprint ne permettent pas de créer de visuels de qualité. Ils ne mettent pas en péril le métier de graphiste à court et moyen terme.

Les métiers publicitaires existaient déjà dans la Grèce Antique, ils ont encore de beaux jours devant eux.